Comprendre la musique : Les acteurs de l’industrie

Suite et fin de notre dossier consacré à l’histoire de la musique. Dans le précédent volet, nous nous étions penchés sur les différentes périodes ayant mené à l’industrialisation du disque. On conclura ce dossier en rendant hommage à ceux qui participent à ce secteur.

Le secteur du disque est un microcosme où les éléments vont interagir entre eux. Ces interactions vont pouvoir réguler l’industrie et lui apporter un nouveau souffle au moment où celui-ci en a le plus besoin. Dans le précédent article on a évoqué les crises que le secteur musical a connu. Elles ont été en partie résolues grâce à ces différents agents.

 Les artistes et leur créativité

Lorsqu’un genre connait un succès commercial, de grands investissements sont faits pour produire des artistes du même registre. Mais à force de formatage, le style s’essouffle rapidement. Les amateurs de musique saturent et ne retrouvent plus l’essence même de ce qu’ils recherchent. C’est pour cela qu’à travers le temps, des artistes ont fait évoluer leur musique en insufflant un air nouveau dans les productions existantes. Voilà comment les styles musicaux comme le jazz dans les années 30 ou le rock’n’roll dans les années 50 vont permettre de relancer une économie musicale en berne. On constate cela également au sein d’un même courant musical. Dans le hip-hop US par exemple, alors que les modèles musicaux venaient de New-York ou de Los Angeles, les rappeurs du sud-est sont venus apporter une bonne dose de créativité et ont donné un nouveau visage au hip-hop.

 Les labels indépendants

Ils vont connaitre un développement durant l’essor du rock aux États-Unis. Réputés comme avant-gardistes, ils ont les avantages d’une petite structure : proche du terrain, des contraintes de temps moins strictes  et une ouverture artistique plus large. C’est grâce aux labels indépendants que des artistes talentueux peuvent être découverts. C’est grâce à eux que le rock va être propulsé au sommet. En 1958, 60% des hits du marché américain sont produits par des indépendants. En France, en 2003, c’est le cas de Corneille qui à ses débuts était sous contrat avec Pias, un label indépendant parisien. Ces acteurs obligent les grandes maisons de disques à rester en veille artistiquement tant la puissance de tous les indépendants réunis peut être énorme.

Les majors

Souvent décriés, on leur reproche de chercher le profit financier au détriment de la découverte artistique. Les majors sont néanmoins des acteurs importants dans le secteur musical. Evidemment, comme toute société commerciale, elles sont motivées par les gains que peut représenter la vente d’un CD ou le téléchargement payant. Mais cette motivation les pousse à chercher des nouvelles méthodes de production, de promotion ou d’exploitation. C’est cette course à l’innovation qui a permis d’établir en 1930 de nouvelles stratégies de vente basées sur le contenu d’un disque et non uniquement son prix.

Cela dit, leur implication tardive dans le secteur numérique est vivement critiquée. Mais grâce à leur puissance financière, des efforts sont faits à ce jour pour rattraper le temps perdu. Florent Boix, chef de projet on line chez Universal Music confie que la major investit dans les projets numériques et n’hésite pas à déployer des équipes pour la recherche et le développement. En 2008 par exemple, le rappeur Sinik a été le premier artiste au monde a bénéficié de la technologie dite de réalité augmentée. Cela témoigne de la volonté d’Universal d’entrer dans l’ère du marketing interactif.

Les acteurs de la musique sont des maillons complémentaires d’une chaine musicale qui ne cherche qu’à se renouveler continuellement.

Fais tourner le sonShare on Google+0Tweet about this on TwitterShare on Facebook1Buffer this page

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *